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Henri IV - le règne interrompu

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Muse honorons de ta chanson

Claude Le Jeune

Source musicale : ‘Claude Le Jeune : Muze honorons l’illustre & grand Henry’ ; Les Pages & les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles ; dir. Olivier Schneebeli ; Alpha ‘Ut pictura musica’ 032 (2002).

Légende

Comme pour la majorité des événements importants, les chroniqueurs de l’époque ne mentionnent pas quelles musiques furent chantées lors du sacre d’Henri IV. Tout au plus est-il possible, à partir des quelques renseignements conservés, de formuler quelques hypothèses permettant de rattacher, sinon à l’événement lui-même du moins à la circonstance, telle ou telle pièce musicale. C’est le cas d’une œuvre du compositeur Claude Le Jeune dont le texte, dû aux poètes Agrippa d’Aubigné ou Odet de La Noue, s’accorde parfaitement à la circonstance. Publiée l’année même du sacre, cette courte pièce à 6 voix en vers mesurés « à l’antique » et rimés pourrait même correspondre au « Vive le Roy » qui fut chanté « en musique » à Chartres le 27 février 1594, durant la cérémonie du sacre, après l’Offrande. Quelle que soit cette hypothèse, la date de première parution de cette pièce ainsi que son texte – qui, tout en chantant les vertus d’un prince pacificateur et protecteur des arts, espère en la naissance d’un héritier –, confirment un lien évident avec l’avènement d’Henri IV.

Compositeur

Claude Le Jeune

v. 1530-1600

Originaire de Valenciennes, « Claudin » Le Jeune se fixa à Paris avant 1564, où il bénéficia rapidement de la protection de seigneurs protestants, François de La Noue et Charles de Téligny (gendre de l’amiral de Coligny) d’abord, puis, à partir des années 1570, Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne et futur duc de Bouillon.

Il participa activement au projet humaniste de l’Académie de Musique et de Poésie, fondée en 1570, et fut l’un des principaux artisans d’une musique mesurée « à l’antique », censée calquer sur la langue française la scansion des Anciens pour faire revivre les « effets » que, selon la fable, leur musique provoquaient. Rescapé du massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572), il devint « maistre de la Musique » de François de Valois – frère de Charles IX, du futur Henri III et de Marguerite de Valois –, au service duquel il resta jusqu’à la mort du prince (1584). Sans doute est-ce à l’occasion d’un séjour du duc et de sa suite à la cour de Nérac, de septembre 1580 à mai 1581, que Le Jeune approcha pour la première fois le roi de Navarre, futur Henri IV.

À l’automne 1581, il prit part aux magnificences organisées pour les noces du duc de Joyeuse avec Marguerite de Lorraine-Vaudémont, en composant des pièces vocales pour le Balet comique de la Royne. En 1590, il fuit Paris pour échapper aux persécutions de la Ligue. Il se réfugia à La Rochelle où il côtoya les grands poètes huguenots du temps : Jacques de Constans, Odet de La Noue et Agrippa d’Aubigné, dont il mit plusieurs textes en musique, ou encore Nicolas Rapin qui, bien que catholique, avait délaissé le parti de la Ligue pour celui de Navarre.

Dès sa reprise en main du royaume, Henri IV fit de Le Jeune l’un de ses musiciens favoris et créa pour lui, entre 1594 et 1596, la charge de « Maître Compositeur ordinaire de la Musique de la Chambre du roi ». Le musicien ne profita que peu de la faveur royale, puisqu’il mourut en septembre 1600.

Abondante et variée (plus de 600 pièces), son œuvre fut publiée entre 1552 et 1612, pour une bonne part de manière posthume sous l’impulsion de sa sœur Cécile. Elle compte de nombreuses chansons, des airs, pour beaucoup mesurés « à l’antique », une douzaine de motets latins, imprimés pour l’essentiel à la fin des deux livres de Mélanges, de nombreux recueils de psaumes protestants en contrepoint simple, fleuri ou en musique mesurée « à l’antique », une messe authentifiée (Missa Ad Placitum) et une seconde plus douteuse (dite « du manuscrit de Savoie »), trois fantaisies instrumentales.

Texte

Muze honorons de ta chanson,
L’illustre et grand Henry soulas de nos maus,
C’est luy qui seul nou’ donne en la saizon,
Le dous loyer de nos travaus.
Sans le guerdon l’art perit,
Muze chante celuy que tes labeurs cherit.

Chante afin qu’apres mil ans acomplis,
Son nom soit celebré, cogneu jusqu’au bout.
Comme d’un Prince qui par tout
Se fait voir le suport et secours plus exquis,
Des ouvriers mieux vétus
Des sciences et vertus.

Vive l’illustre Henry,
Long temps soit il parmy nous tous
Puisse de luy quelque heritier
Ainsi brave estre nourry
Laissant de tels jetons apres nous
Pleins d’heurs et de grandeurs
Recompense de leurs valeurs

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