Passer le menu

Henri IV - le règne interrompu

Ecouter les morceaux de musique

Missa pro defunctis

Eustache Du Caurroy

Source musicale : ‘Eustache Du Caurroy : Requiem des rois de France’ ; Doulce Mémoire ; dir. Denis Raisin-Dadre ; Astrée-Naïve E 8660 (1999).

Légende

Introitus, Requiem æternam

Les funérailles d’Henri IV commencèrent le 29 juin par un immense convoi, qui mena le corps et l’effigie du roi du Louvre à Notre-Dame, où furent dites plusieurs messes pour le repos du défunt. Le 30, « sur les trois heures », le convoi, composé notamment de tous les dignitaires du royaume et des officiers de la Maison du roi, se reforma et se mit en branle pour Saint-Denis. « Le lendemain premier juillet, jour de l’enterrement, apres les quatre grandes Messes celebrées par [les] Prelats, Mr. Le Cardinal de Joyeuse se prepara pour dire la derniere grande Messe […] Assis, Mr. Le Cardinal commença la Messe de l’enterrement, laquelle fut responduë en Musique par les Chantres de la Chapelle du feu Roy… (Mercure françois, 1610, f. 469v-470).
Comme souvent, aucune relation contemporaine ne précise quelle fut cette messe chantée « en musique », c’est-à-dire sous forme d’une polyphonie à plusieurs voix, par opposition au plain-chant (chant grégorien), réservé au service liturgique proprement dit célébré par les prêtres. La tradition veut que ce soit la Missa pro defunctis à 5 voix d’Eustache Du Caurroy, fidèle sous-maître de la Chapelle du roi mort le 7 août 1609, que la Musique de la Chapelle entonna lors de cette ultime cérémonie. Peut-être composée avant 1590, cette unique messe conservée du compositeur, dont la seule édition connue date de 1636, aurait ensuite servi aux funérailles des rois, princes et princesses de France. C’est au collectionneur Sébastien de Brossard (1655-1730) que l’on doit cette tradition tardive, très difficile à authentifier ; dans le Catalogue de sa bibliothèque, Brossard souligne en effet que « Cette musique, comme le sujet le demande, est fort triste mais c’est de la plus excellente qu’on puisse faire, et l’on n’en chante jamais d’autres aux obseques et aux services des Roys et des Princes à S. Denys. » (Catalogue de musique théorique et pratique…, 1725, Bibliothèque nationale de France, département de la Musique, Rés. Vm8 20, p. 154).*

À travers quelques extraits correspondants aux temps forts de la messe des défunts – de l’Introït, qui ouvre la messe proprement dite, à l’Aboute –, on jugera ici de la majesté de cette œuvre.

* Pour une discussion récente de la question, voir l’introduction de M.-A. Colin à son édition critique de la Missa pro defunctis de Du Caurroy (Turnhout, Brepols, 2003).

Compositeur

Eustache Du Caurroy

1549-1609

Né en 1549 à Gerberoy, près de Beauvais, aux confins de la Picardie, de la Normandie et de l’Île-de-France, considéré comme le dernier grand maître de la polyphonie de la Renaissance, François-Eustache Du Caurroy entra à la Cour comme chantre (haute-contre) de la Chapelle du roi, sans doute dans le courant de l’année 1575, année au cours de laquelle il fut lauréat du concours de musique de la ville d’Évreux, le puy de sainte Cécile, avec un air à 4 voix, Rosette pour un peu d’absence. Il remporta ce même concours en 1576, avec un motet à 5 voix (Tribularer si nescirem, perdu) et en 1583 avec une chanson, Beaux yeux dont le pouvoir, également à 5.

En 1578, son nom apparaît dans les comptes de la Cour, toujours en qualité de haute-contre mais aussi de sous-maître de la Chapelle du roi, qui était l’une des charges musicales les plus prestigieuses du royaume. Il figure également parmi les membres de la Chapelle de la reine mère Catherine de Médicis (1585 et 1587) et semble avoir fréquenté le cercle de Marguerite de Valois qui, à partir de 1605, attira près d’elle les meilleurs artistes dans son hôtel parisien de la rue des Augustins (situé à l’emplacement de l’actuelle École des Beaux-Arts).

À partir de 1594, Henri IV le distingua d’entre ses musiciens. En 1595, il ajouta à sa charge de sous-maître de la Chapelle celle de Compositeur de la Musique de la Chambre – qu’il remplit en alternance avec Claude Le Jeune, puis celle de Compositeur de la Musique de la Chapelle à partir de 1599. Cette faveur s’accompagna entre 1596 et 1606 de nombreux bénéfices ecclésiastiques qui lui assurèrent une vie confortable jusqu’à sa mort, survenue à Paris en 1609 alors qu’il venait d’entreprendre l’édition de son œuvre, suivant un accord signé avec l’ « imprimeur du roy pour la musique » Pierre Ballard. Il n’entrevit qu’à peine la réalisation de son projet.

L’essentiel de l’œuvre qui nous est parvenue tient dans cinq recueils, publiés à partir de 1609 : deux volumes de Preces ecclesiasticæ (1609), dédiés à Henri IV et à Marguerite de Valois, qui totalisent cinquante-trois motets de 3 à 7 voix ; quarante-deux Fantasies a III, IV, V et VI parties (1610) ; un volume de Melanges (1610), qui regroupent polyphoniques profanes et spirituelles en français ; une Missa pro defunctis à 5 voix, écrite vers 1590 mais dont la seule source conservée est une réédition parue chez Ballard en 1636. Chantée pour les funérailles d’Henri IV, la tradition en a fait la messe des funérailles des rois de France. Trois autres messes à 4 voix attestées sont aujourd’hui perdues.

Texte

Requiem æternam dona eis, Domine : et lux perpetua luceat eis.

(Seigneur, accorde à nos défunts le repos éternel, et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin.)

Bienvenue sur le site Henri 4
/1/ Vous souhaitez voir ce site en version flash, ce site nécessite donc que votre poste soit équipé du flash player et que soit activé le javascript sur votre navigateur.

/2/ Si vous n'avez pas flash installé sur votre ordinateur, vous pouvez consulter la version accessible du site.

/3/ Vous pouvez consulter la version mobile du site.
Version accessible